Demande de rupture conventionnelle Modèle gratuit 2026 conforme au Code du travail

Vous souhaitez quitter votre poste sans démissionner et sans conflit ? La demande de rupture conventionnelle permet de proposer à votre employeur une séparation à l’amiable, encadrée par les articles L1237-11 à L1237-16 du Code du travail. Ci-dessous, un modèle de lettre prêt à l’emploi pour 2026, avec les points de vigilance liés aux récentes réformes.

Contribution patronale à 40 % : ce que cela change pour votre négociation

Depuis le 1er janvier 2026, la loi n° 2025-1276 du 23 décembre 2025 (loi de financement de la sécurité sociale pour 2026) a relevé la contribution patronale spécifique de 30 % à 40 % sur la part d’indemnité exonérée de cotisations sociales. Concrètement, chaque euro d’indemnité négocié coûte plus cher à l’entreprise qu’avant.

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Pourquoi est-ce utile à savoir avant d’envoyer votre courrier ? Parce que votre employeur intègre ce surcoût dans sa décision d’accepter ou de refuser la procédure. Deux conséquences directes sur votre démarche :

  • Un employeur hésitant peut refuser plus vite qu’auparavant, surtout dans une petite structure où la trésorerie est serrée.
  • Proposer un montant d’indemnité réaliste, proche du minimum légal, augmente vos chances d’obtenir un « oui » rapide à l’ouverture des discussions.
  • Si vous visez une indemnité supérieure au plancher légal, préparez des arguments concrets (ancienneté, compétences rares, contexte du poste) plutôt qu’un simple souhait chiffré.

Garder cette réalité budgétaire en tête donne un ton plus crédible à votre lettre et montre que vous comprenez les contraintes de l’entreprise.

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Employé et responsable RH discutant d'un modèle de rupture conventionnelle lors d'un entretien en salle de réunion

Modèle de lettre de demande de rupture conventionnelle 2026

Voici un modèle conforme au Code du travail, à adapter avec vos informations personnelles. Copiez-le, complétez les champs entre crochets et envoyez-le par courrier recommandé avec accusé de réception (ou remise en main propre contre décharge).

Le courrier type

[Prénom Nom]
[Adresse]
[Code postal – Ville]
[Téléphone]
[Adresse e-mail]

[Nom de l’entreprise]
À l’attention de [Nom du responsable RH ou du dirigeant]
[Adresse de l’entreprise]
[Code postal – Ville]

À [Ville], le [Date]

Objet : Demande d’ouverture d’une procédure de rupture conventionnelle

Madame, Monsieur,

Salarié(e) de votre entreprise depuis le [date d’embauche], au poste de [intitulé du poste], je souhaite vous proposer de mettre fin à notre contrat de travail à durée indéterminée d’un commun accord, dans le cadre de la rupture conventionnelle prévue aux articles L1237-11 à L1237-16 du Code du travail.

Je me tiens à votre disposition pour convenir d’un entretien afin d’échanger sur les conditions de cette rupture, notamment la date de fin de contrat et le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle. Je vous propose la date du [date suggérée], sous réserve de vos disponibilités.

Je vous rappelle qu’en application de l’article L1237-12 du Code du travail, chacune des parties peut se faire assister lors de cet entretien.

Dans l’attente de votre retour, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

[Signature]

Pourquoi cette formulation plutôt qu’une autre ?

Le Code du travail n’impose aucun formalisme particulier pour la demande. Une requête orale suffit juridiquement. L’écrit sert un seul objectif : garder une preuve datée de votre initiative. Le modèle ci-dessus reste volontairement sobre, sans justification personnelle. Expliquer vos raisons (projet professionnel, déménagement) peut aider à convaincre, mais n’ajoutez rien que vous ne seriez pas prêt à voir cité dans un échange ultérieur.

Indemnisation chômage après rupture conventionnelle : la réforme de septembre 2026

Autre point que les modèles de lettre classiques n’abordent pas : l’impact sur vos droits au chômage. À compter du 1er septembre 2026, la durée maximale d’indemnisation après une rupture conventionnelle individuelle baisse sensiblement.

  • Moins de 55 ans : environ 15 mois de durée maximale d’indemnisation, contre une durée plus longue auparavant.
  • 55 ans et plus : environ 20,5 mois, là aussi en recul par rapport aux règles précédentes.
  • Le critère déclencheur est la date de fin de contrat (pas la date de signature de la convention). Si votre contrat se termine avant le 1er septembre 2026, les anciennes règles s’appliquent.

Ce calendrier peut influencer la date de rupture que vous négociez lors de l’entretien. Si vous approchez de la borne du 1er septembre, négocier une date de fin de contrat antérieure préserve vos droits sous l’ancien régime.

Vue de dessus d'un modèle de rupture conventionnelle posé sur un bureau avec stylo et annotations manuscrites

Étapes clés après l’envoi de votre lettre de rupture conventionnelle

Votre courrier envoyé, la procédure suit un enchaînement précis. Sauter une étape peut entraîner un refus d’homologation par la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités).

L’entretien obligatoire

Au moins un entretien entre vous et votre employeur est requis. Vous pouvez vous faire assister par un salarié de l’entreprise ou, à défaut de représentant du personnel, par un conseiller inscrit sur une liste préfectorale. Votre employeur peut aussi se faire assister, à condition de vous en informer au préalable.

Signature du formulaire Cerfa et délai de rétractation

La convention de rupture est formalisée sur un formulaire Cerfa dédié. Après signature, chaque partie dispose de 15 jours calendaires pour se rétracter sans motif. Ce délai court dès le lendemain de la signature.

Homologation par la DREETS

Passé le délai de rétractation, l’une des parties (en général l’employeur) envoie le formulaire à la DREETS. L’administration dispose alors de 15 jours ouvrables pour valider ou refuser. Sans réponse dans ce délai, l’homologation est réputée acquise.

L’indemnité versée ne peut jamais être inférieure à l’indemnité légale de licenciement. Ce plancher se calcule en fonction de votre ancienneté et de votre salaire de référence. Vérifiez le montant avant de signer la convention, pas après.

Un dernier point souvent négligé : l’employeur n’a aucune obligation de répondre à votre demande de rupture conventionnelle. L’absence de réponse vaut refus. Si vous n’obtenez pas de retour sous deux à trois semaines, une relance écrite courte suffit pour relancer le dialogue sans braquer votre interlocuteur.