Planning RH : comment les jours travaillés en 2026 impactent vos congés payés ?

L’année 2026 compte 252 jours ouvrés théoriques avant déduction des congés payés et des jours fériés tombant en semaine. Neuf jours fériés sur onze atterrissent un jour de semaine, ce qui modifie sensiblement la capacité de travail réelle et les calculs de solde de congés. Pour les services RH, ce paramétrage du calendrier a des répercussions directes sur le forfait jours, le budget de masse salariale et la gestion des RTT.

Impact de la loi du 22 avril 2024 sur le solde de congés payés en 2026

La loi du 22 avril 2024 a redéfini l’acquisition de congés payés pendant un arrêt maladie non professionnelle. Depuis cette date, un salarié en arrêt acquiert 2 jours ouvrables par mois, dans la limite de 24 jours par an. Le droit au report est encadré, avec un délai de quinze mois à compter de la reprise.

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En 2026, cette règle produit ses premiers effets en année pleine pour les salariés qui ont connu de longues absences sur la période de référence 2025-2026. Les équipes paie doivent recalculer les soldes de congés de ces populations, souvent manuellement quand le SIRH n’a pas encore intégré la mise à jour.

Nous recommandons un audit des compteurs de congés avant l’ouverture de la période estivale. Un écart de deux ou trois jours sur un solde individuel, multiplié par plusieurs dizaines de salariés, fausse le prévisionnel d’absences et crée des tensions sur la continuité de service.

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Forfait jours 2026 : recalculer les jours de repos supplémentaires

Manager calculant les congés payés et jours travaillés 2026 sur un écran d'ordinateur à domicile

Un cadre au forfait de 218 jours dispose, en 2026, d’un nombre de jours de repos supplémentaires qui dépend directement du nombre de jours fériés chômés tombant en semaine. Le calcul part des 365 jours calendaires, desquels on retire les samedis et dimanches, les jours fériés en semaine, les congés payés et le forfait lui-même.

Avec neuf fériés en semaine, le forfait 218 jours laisse environ 9 jours de repos supplémentaires à poser dans l’année. Ce chiffre varie si la convention collective prévoit un forfait inférieur ou si l’accord d’entreprise ajoute des jours chômés (ponts offerts, fermeture annuelle).

Le piège fréquent : appliquer le même nombre de jours de repos que l’année précédente sans recalculer. En 2025, la répartition des fériés était différente. Reprendre le solde de l’année N-1 par défaut expose à un dépassement du plafond conventionnel ou, à l’inverse, à un déficit de repos pour le salarié.

Vérification à mener avant janvier

  • Comparer le nombre de fériés en semaine entre 2025 et 2026 et ajuster les compteurs de repos dans le SIRH
  • Vérifier si l’accord collectif prévoit des ponts imposés qui réduisent d’autant les jours de repos à libre disposition
  • Contrôler la cohérence entre le forfait contractuel et le nombre de jours réellement travaillables après déduction de tous les types d’absence

Congés payés et heures supplémentaires : le revirement de la Cour de cassation

La Cour de cassation impose désormais d’intégrer les jours de congés payés dans le décompte des heures supplémentaires lorsque le calcul se fait sur une base hebdomadaire. Ce revirement jurisprudentiel change la donne pour le planning RH 2026 : les semaines comportant des jours de congés ne sont plus automatiquement exclues du seuil de déclenchement des heures supplémentaires.

En pratique, un salarié qui travaille quatre jours sur une semaine où il a posé un jour de congé voit ses heures comparées au seuil légal en tenant compte du jour d’absence. Le calcul sur deux semaines consécutives suit la même logique.

L’impact sur la paie est direct. Les outils de GTA doivent additionner heures travaillées et équivalent horaire des jours de congés pour déterminer si le seuil de 35 heures hebdomadaires est franchi, sans modifier le régime d’indemnisation des congés eux-mêmes. Nous observons que la majorité des SIRH du marché n’ont pas encore paramétré cette règle par défaut. Un audit du moteur de calcul des heures supplémentaires s’impose avant la première paie de janvier 2026.

Décompte en jours ouvrés ou ouvrables : effet sur le planning annuel

Le choix entre décompte en jours ouvrés et décompte en jours ouvrables a un impact concret sur le nombre de jours de congés affichés au compteur et sur la durée réelle d’absence. En base ouvrables, le salarié dispose de 30 jours (samedi inclus dans le décompte). En base ouvrés, le compteur affiche 25 jours.

Le résultat en semaines d’absence est identique : cinq semaines. La différence se manifeste lorsqu’un salarié pose des jours isolés ou des demi-semaines. En décompte ouvrables, un vendredi posé entraîne parfois le décompte du samedi suivant, ce qui consomme deux jours pour une seule journée d’absence réelle.

Équipe RH en réunion autour d'un planning annuel 2026 et des congés payés en salle de conférence

Mode de décompte Jours au compteur Semaines de congés Risque sur jours isolés
Jours ouvrables 30 5 Samedi décompté si vendredi posé
Jours ouvrés 25 5 Aucun jour supplémentaire décompté

Pour le planning RH 2026, le mode de décompte retenu par l’entreprise conditionne la manière dont les ponts seront gérés. Avec neuf fériés en semaine, les demandes de jours isolés autour des ponts vont se multiplier. Un décompte en jours ouvrés limite les mauvaises surprises pour le salarié et réduit les réclamations au service paie.

Paramétrage SIRH et gestion des ponts 2026

Neuf fériés en semaine génèrent potentiellement autant de demandes de ponts. Les jeudis fériés (Ascension notamment) créent une forte pression sur le vendredi suivant. Le paramétrage du SIRH doit anticiper ces pics de demandes.

  • Configurer des plafonds d’absence simultanée par service pour éviter la paralysie d’une équipe un vendredi de pont
  • Distinguer dans le logiciel les ponts imposés par l’employeur (déduits du compteur RTT ou récupération) et les ponts à l’initiative du salarié (déduits des congés payés)
  • Intégrer le nouveau calcul des heures supplémentaires dans le moteur de paie avant le premier cycle de janvier
  • Mettre à jour les compteurs d’acquisition pour les salariés concernés par la loi du 22 avril 2024 sur la maladie non professionnelle

La configuration de ces règles en amont évite les régularisations en cours d’année, toujours coûteuses en temps et source d’erreurs sur les bulletins de paie.

Le calendrier 2026, avec sa concentration de fériés en semaine, rend le paramétrage anticipé du SIRH plus rentable que d’habitude. Un planning RH calé dès décembre 2025 sur les bons compteurs, les bonnes règles de décompte et le bon moteur d’heures supplémentaires supprime la quasi-totalité des litiges liés aux congés payés et aux jours travaillés.